Variation Ankariote, une ville sans son Bosphore.

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Cyrus Cornut
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Je suis allé à Ankara parce que mon père y travaillait, pour voir une de ces villes qui n’existent pas vraiment dans les imaginaires. Ankara est pourtant la capitale de la Turquie. Maigre compensation que celle du pouvoir.
Depuis quelques années, on y détruit les Gecekondus, littéralement « maison construites en une nuit ». Des quartiers entiers disparaissent avec des modes de vies qui leurs sont propres. A la place émergent des logements de masses, ces blocs de clapiers que le mouvement moderne nous a légués. Ce modèle international de l’habitat du pauvre, par sa forme même et l’espace public qu’il génère, finira à l’orée d’une ou deux générations d’occupants par détruire les tissus sociaux.
Ankara est une ville moderne, agréable, peut être un peu ennuyante. J’y ai erré comme on peu aimer chercher, dans le but de trouver, sans jamais trouver vraiment. Le centre est animé, la périphérie est triste. On y voit les Hommes tomber. Marcher, le jour, le soir, la nuit, dans l’espoir d’une découverte, d’une rencontre.
Ankara n’aura jamais son Bosphore.
Cyrus.C

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